Remembering Salento

Je prends une grande respiration et plonge. Le bleu m’attire, combien de mêtres cela peut-il représenter ? Un mêtre, le brouhaha des échanges s’estompe, on n’ entend plus qu’une vague clameur, je compense l’air de mon masque, avale mais n’ai plus de salive. Dehors, les humains s’ébattent dans l’eau bleue nuit. Je combat la resistance aqueuse qui repousse mon torse vers l’air libre. Cinq mêtres, un dernier coup de rein, crache un peu d’air de mes poumons, plus rien de me retiens physiquement, le fond m’aspire. Dix mêtres, c’est le moment du choix ? Le doute me transperce. Quinze, le fond n’est plus très loin, le point de mire est à portée de poumons.


Touché, le temps s’étire, je m’active à ne pas précipiter la remontée. Il n‘y a rien ici, j’oublie tout, je n’ai besoin de rien, et pas besoin d’avoir besoin. Il est temps de partir, je bascule la tête en arrière et remonte, la lumière au dehors hurle au travers de la vitre. Suivre les bulles, se résigner. Je redescendrai, c’est sûr ; c’est probable ; indéterminable, interminable. L’aspiration s’intensifie , la pression diminue , le balai chromé de l’air rapetisse ; mains ouvertes vers le cyan, je ralentis la chute. La membrane se perce, l’air remplit mon torax. Mon coeur cogne, mes pensées sont restées là bas.


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© benjamin rossignol 2020  -  Correggio (RE)  -  br@benjaminrossignol.com

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