Brutta

« Vejano e brutta ». C’est ainsi que m’a dépeint un jour le cousin de ma femme, son village natal. Je ne suis pas de cet avis. Enfin pas complètement. Ce sont nos standards qui ont habitué nos yeux à voir les choses d’une certaine manière. Je crois que la beauté est partout et qu’il ne faut pas avoir peur de l’affronter. Je vois de la beauté dans tout ce qui sort de l’ordinaire, et plus évidemment dans le viseur de mon appareil photo. Je suis attiré par les espaces vides, les angles morts, les juxtapositions de matières qui font que l’art est tout autour de nous sans toujours pouvoir identifier ce qui nous plaît. C’est aussi parfois la sérialité des images qui permettent de prendre le recul nécessaire et y voir un intérêt plastique. On accepte aussi plus facilement certaines situation lorsqu’elles nous sont expliquées, l’histoire donne du sens et parfois de la valeur.

Quoi qu’il en soit, j’ai imaginé cette série d’image en me focalisant sur le contraste. celui d’une pierre locale, la tuffa*, et la mécanique froide et utilitaire des voitures que l’on gare en bas de chez soi sans trop réfléchir à leur impact sur l’atmosphère du tableau, la composition d’un lieu, son passé. C’est ce contraste qui met mal à l’aise, l’image est amère, la cohabitation hideuse et pourtant joue son rôle dans les campagnes. Ces voitures sont une partie de ceux qui occupent ces maisons, elles sont la plaie et l’attelle de la jambe du malade.

*La tuffa est un pierre grumeleuse, on en trouve partout, elle est remplacée petit à petit par d’autres matériaux modernes, peu avenants et qui n’ont pas les propriétés utiles de la tuffa. Comme la meulière, la tuffa est pleine de cavités, idéale pour isoler. Elle est aussi légère par conséquent et permet donc de construire de manière plus économe.

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